vendredi 1 janvier 2016

Wizards, Tome 1, L'Initiation


Pourquoi puis-je dire que j’ai tant aimé Wizards, Tome 1, de Diane Duane ?

Peut-être parce qu’une fois le livre fermé, j’ai ressenti une forme de nostalgie, un besoin de me recueillir après cette expérience qui m’a ouvert les yeux.

Peut-être aussi parce que, comme Nita et Kit, j’ai moi aussi subi une initiation.

Nita se lance dans la magie pour venir à bout d’une bande de filles qui s’acharne sur elle. Mais finalement, la grande aventure survient quand elle décide de récupérer son stylo fétiche : un prétexte anodin pour une épopée hors-norme – Très années 80, me semble-t-il.
Moi-même, j’ai choisi ce livre pour une raison futile : lire un livre des éditions Lumen, afin de découvrir cette toute jeune maison d’édition. Je n’ai pas vu l’enjeu de ce livre ; il ne s’agissait pour moi que d’un livre parmi d’autres dont l’éditeur, comme d’autres, vantait la ressemblance avec la saga Harry Potter, afin de séduire les lecteurs avides de lectures similaires. J’avais d’ailleurs déjà subi une déconvenue avec le tome 1 d’Oksa Pollock, inventif mais trop scolaire. Comme dit l’adage : « Chat échaudé craint l’eau froide. »

Alors qu’est-ce qui change ici ?

D’abord, la réalité de la magie. Diane Duane nous la donne à sentir, grâce aux sensations de Nita, aux comparaisons et à la maîtrise de l’abstrait dont elle nous dessine les contours avec des mots. La magie ne réside plus dans une simple formule ou un mélange explosif de produits exotiques mais dans une sorte d’alchimie entre le sorcier et le Discours, qui utilise ses propriétés linguistiques pour nommer le monde, les êtres, les objets et leur donner une réalité, ou une autre.
Ensuite, Diane Duane utilise habilement la mise en abîme. Nita devait apprendre la magie pour se défendre au quotidien, elle apprend les véritables enjeux. Ainsi, elle subit une initiation : elle est réellement transformée par elle. Son point de vue change ; elle grandit. Elle comprend que le Flétrisseur n’est plus seulement le Grand Vilain de légende mais un être sensible voué à changer, une version beaucoup plus effrayante mais située hors de la dimension réelle, donc beaucoup plus facile à affronter que Joanne, la tourmenteuse en chef de Nita. Le frêle Kit, qui souhaitait être pris au sérieux, a lui aussi changé : si son apparence physique reste la même, cependant l’expérience lui a conféré une assurance en ses propres capacités.
Enfin, si l’univers de la magie est foisonnant d’inventions, d’objets aux comportements d’animaux sauvages et d’éléments naturels qui parlent, de créatures attachantes telles qu’une petite lumière, étrange et étrangère, ou un bolide racé, sauvage mais valeureux, il n’est que prétexte à parler de quelque chose de plus grand. Ainsi, l’aventure de Nita et Kit, c’est le passage à l’âge adulte, avec son lot de victoires et de pertes, auxquelles nous avons notre part. De même, le Livre Lunaire, c’est la puissance de la vie contre l’instinct de destruction et de mort, porté par le désespoir, la rage et la colère. Et le Discours, c’est en quelque sorte l’histoire que nous raconte Diane Duane qui, par ses mots évocateurs, crée son monde sous nos yeux ébahis. Diane Duane nous parle de nous, elle nous parle d’elle et de son métier.

On ne peut que subir l’initiation à notre tour et en ressortir changés.

4 commentaires:

Little Girly a dit…

Coucou !

Merci pour ton article, tu me donnes envie de m'y lancer ! :D

Mira a dit…

Merci à toi ! Tu es la première à me laisser un commentaire ! Youpi ! Je te souhaite une bonne lecture !

Nova Baby a dit…

En effet, Reza chronique donne plutôt envie. Habituellement, je me méfie des éditions qui disent «ça ressemble à tel best seller», mais Lumen a pour le moment l'air de faire de très bons choix !

Mira a dit…

Moi aussi, j'ai tendance à me méfier car on a vu trop de maisons d'éditions surfer sur la vague Harry Potter et Twilight. Mais là, Lumen a déniché la pépite : le petit bijou avant Harry Potter, qui a, d'ailleurs, sans doute inspiré J.K. Rowling...