dimanche 10 décembre 2017

Cessons de nous comparer à des mamies !

Régulièrement, j’entends des femmes dire : 
« Je sais : je suis une vraie mamie ! ».


Moi, je dis : 

Stop à la discrimination, Mesdames !! 

Il est tout autant vilain de se comparer à une mamie, quand on est une femme jeune et pleine d’ardeurs (😇😇😇), que de suggérer que toutes les mamies puissent avoir les mêmes habitudes tranquilles que nous (... surtout comme on les voit virevolter, telles des athlètes de compétition, dans les thés dansants) ! 

Car il s’agit bien là de la question : chaque fois que nous osons nous occuper calmement et nous installer douillettement, nous nous comparons à une mamie. Que nous aimions passer notre temps devant un feuilleton, à tricoter, crocheter ou autre, que nous appréciions, ou ayons besoin de nous coucher tôt, ou que nous nous emmitouflions volontiers dans un tout-doux, les mains cramponnées à la vingtième tasse d’infusion bien chaude de la journée, nous voilà à nous excuser de jouer les mamies ! 



Mais pardon d’exister comme il nous plaît et de vouloir nous chouchouter ?!! 🙄🙄🙄

Nos amis, les Danois, l’ont bien compris, eux qui ont inventé le Hygge, une philosophie de vie qui consiste à combattre le froid par du cocooning et de la convivialité.



Voici donc mes petites habitudes de « mamie » à moi, et qui me font du bien :
  • Petit déjeuner rituel en lisant un article du Flow (Ses enseignements me suivent ainsi toute la journée.)
  • Je prépare mon petit thermos de café à la vanille ou au caramel pour le boulot. Je sirote mon nectar à la récréation et entre deux interventions en classe.
  • De retour du travail, hop ! j’enlève ma tenue de jour et j’enfile ma combinaison polaire, mes grosses chaussettes en laine et mes chaussons tout doux.
  • Le soir, juste avant de passer au lit, je prends un bon bain chaud, souvent aux sels de bain, pour me détendre et je liiiiiiis.
  • C’est un délice ensuite d'aller au lit, de m’ensevelir sous la couette, de m’adosser à mon joli coussin de lecture et de me remettre à lire, tout en contemplant mes PAL qui s’empilent sur et au-dessus de ma table de chevet, une petite bouillotte dans le cou, pour les tensions nerveuses et ma petite lampe lumière de jour allumée.
  • Parfois, j’obtiens du chouchou qu’il coiffe mes longs cheveux : petit massage du cuir chevelu et du dos... extase garantie !
  • Quand j’ai du temps libre, je me prépare un petit plateau sur lequel je dépose un thé, une infusion ou un café et je rejoins mon gros canapé d’angle. Je m’installe dans l’angle, en face d’une série que j’aime, et je sors mes aiguilles à tricoter. 
  • Quand l’hiver vient, que la lumière vient à manquer et m’entraîne à la déprime, j’allume toutes les lampes, guirlandes lumineuses et bougies de la maison.


Mais qu’est-ce qui se cache, en vrai, derrière ce « Je suis une mamie. » ?
  • Je ne sors pas assez, je sais.
  • Je ne fais rien de mes journées.
  • Je ne fais rien d’extravagant, comme partir avec un sac à dos faire du trekking dans les steppes de Mongolie.
  • J’ai un rythme de vie tranquille.
  • Je me couche trop tôt.
  • Je m’intéresse à des activités peu démonstratives, pas vraiment sociales et desquelles il est difficile de faire étalage.
Tous ces implicites renvoient en fait à une seule et même chose : j’ai conscience que mon attitude, mes goûts, ma façon de vivre, ne correspondent pas à ce que je pense être la norme et je m’en excuse d’avance. 

Mais quelle norme au fond ?
- Celle que la société exige, ou plutôt celle que je crois que la société exige : la performance, la rapidité et l’efficacité au travail, et, dans la vie privée, la recherche de sensations fortes, le récit détaillé desdites sensations fortes, une sexualité exacerbée et inventive, une vie sociale dense, avec de nombreuses fréquentations et beaucoup d’amis, une vie saine, faite de pratiques sportives régulières et d’une alimentation eco-responsable..., bref toutes injonctions que nous recevons à longueur de journée et qui nous tiraillent dans un sens puis dans un autre, et qu’à défaut de parvenir à faire coexister, nous nous excusons de ne pas suivre.

Ce que nous pratiquons, tout en nous excusant d’avance pour notre comportement inhabituel, inadapté et peut-être même égoïste, est en réalité une philosophie de vie, une façon saine de s’occuper de soi, qui permet de contrer les exigences sociales, le surmenage de nos sens et la tension qui nous habite sans cesse au travail. 

Tout le monde doit-il faire comme nous ? Non ! Mais cessons de nous excuser de faire ce que personne ne fera pour nous : nous occuper de nous !

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