dimanche 19 février 2017

I hate Fairyland, de Skottie Young

     

     Mais où ai-je déniché ce comics ?

-   Bah, ma petite Dame, parce que je connais déjà l’auteur, pardi ! C’est l’illustrateur de l’adaptation en comics de la série des Magicien d’Oz de Frank L. Baum.
-    Hein ? La série ???
-  Ouhla ! On part de loin, là. Alors, ma bichette, sache qu’il n’existe pas qu’un seul livre. Tu crois ça parce qu’il n’y a eu que le premier livre qui a été traduit en Français et que tu as vu la comédie musicale de 1939 avec la talentueuse July Garland au chant...
-    ...
-   Quoi ??? Tu ne connais pas ce film ????? Alors là, je ne peux rien faire pour toi.
-    ...
-    Non, mais je plaisante ! (N’empêche, va le voir un coup : il a été recolorisé et franchement, il a son charme... Over the rainnnnnbowwwww...lalala...) Tu as vu, peut-être, le film Le Monde Fantastique d’Oz, très très sympa aussi... (D’ailleurs, si tu t’interroges sur le costume en carton de la Méchante Sorcière de je-ne-sais-plus-que-point-cardinal, le visionnage du Magicien d’Oz de 39 devrait te donner quelques réponses...) ?
Ça opine du chef ! On a le droit à une cinéphile !
-    Donc, nous y voilà : 1. Oz est une série (Non ! Pas la série télé... Ah si ! The Emerald City ? Oui, mais pas vue encore, mais visiblement une adaptation très libre...) de livres ; 2. Elle a été adaptée plusieurs fois au cinéma et, à ma plus grande joie, en comics.


      En voici un tout petit aperçu :
-     Tu remarqueras que les dessins ont un style bien particulier, qui apporte une jolie touche d’humour à l’histoire. Eh oui, la magie du crayon de Skottie Young !!! J’ai adoré revisiter et découvrir une partie de l’œuvre de L. Frank Baum par ce biais.

    Donc, quand j’ai vu que Skottie Young sortait un nouveau comics, je l’ai précommandé direct.
Et ça donne quoi ?

       Ç:
-     Nonnnnnnnnnnnn...
-  SI. J’adoooooooooooore ! Et t’imagines le scénar’ ??? La gamine, Gertrude (Pauvre Choupette !), a 6 ans, elle rêve de monde de fées et de magie et pof ! La voilà aspirée par sa moquette et qui tombe dans le monde merveilleux de Fairyland ! Youpiiiiiiiii. SAUF QUE : 1. Elle s’y vautre la tronche, mais bien ! On voit même un os ressortir de son coude quand elle part en quête !
-      Nonnnnnnnnnnnn....
-    SI. Elle est quand même super bien accueillie par la reine Cloudia et les habitants de Fairyland, tous mignonnets, acidulés, jolies couleurs, tout ça, tout ça. La reine lui attribue un cricket, mignon et encore fringant (Tu verras l’état du pauvre vieux à la fin du volume... Pfiouuuuu...). Evidemment, elle a une quête à accomplir, si elle veut repartir de Fairyland : trouver une clef. SAUF QUE : 2. Elle passe 27 ans (et une bonne partie de ses dents y sont passées – plus d’une fois) à la chercher et n’y parvient toujours pas. La petite Gertrude a gardé ses anglaises vertes et son petit costume de petite fille sage, mais elle est tellement fumasse qu’elle vire sewiol killow...
-        Serial qui ?
-     Sewioooool Killowwwwww... Oh la chipie ! Tu m’as eue ! Bref. L’ex-gamine dégomme tout sur son passage, à la hache, au bazouka, parfois, on ne sait même pas quelle arme elle utilise... Je peux te dire que les méchants de l’histoire sont de vrais agneaux à côté de Gertrude. Au point que Cloudia s’interroge sur l’avenir de Fairyland, parce que s’il faut attendre que Gert’ trouve la clef, vu comme elle est douée... Bref.

     Là, je dis : Chapeau, Mr. Young ! Et : Etes-vous sûr qu’une petite analyse ne vous ferait pas du bien ? Parce que, moi, je dis ça, je dis rien, mais euh... Visiblement, l’adaptation de L. Frank Baum, vous l’avez mal vécue... C’était un peu long, c’est ça ? Trop gentil ? Pauvre garçon ! C’est vrai que la devise de l’auteur était d’écrire un conte « dans lequel on a préservé l’émerveillement et la joie tout en écartant chagrins et cauchemars » (Trad. Blandine Longre, chez Cherche Midi). Donc, bah, Dorothy risque pas grand-chose, quoi. Au pire, elle se fait enlever, la belle affaire ! Et puis des fois, on se dit que s’il n’y avait pas quelques créatures, qui ont de vrais soucis, comme se trouver un vrai cerveau, un vrai cœur ou du courage, eh ben l’intrigue serait bien plate... Et puis les sorcières se dissolvent toutes seules comme des grandes, pffff : pas drôle !
       
      Gertrude est ce que serait devenue Dorothy si tout n’avait pas été une balade de santé et I hate Fairyland est une parodie jouissive de la fantaisie facile de L. Frank Baum. Le pauvre Larrigon (Le cricket !) est aussi désespéré qu’un parent qui a lâché l’affaire dès le premier caprice de son gamin. La Reine Cloudia commence à se faire des cheveux bl... Ah non ! Elle les a déjà blanc, comme un nuage, elle commence donc à se faire du mouron au sujet de la tornade verte qui dégomme tous ses sujets.
     
      Ce comics est bourré d’humour, des références culturelles, sociales, des gags visuels ; ça tire dans tous les sens et j’ai adoré ça ! J’ai savouré également l’inventivité des jurons de Gerty. Elle est quand même dans Fairyland ; d’accord, elle dézingue à tour de bras, mais gare à son langage ! 
       ça donne alors :
    
     Outre le dynamisme forcené de Gertrude, qui cherche toujours sa clef et prend autant de coups dans la tronche qu’elle en met , l’humour de Skottie Young emporte le récit, avec d’autant plus de force que le contraste est saisissant entre l’univers purement kawaï (= mignon, Bichette, mignon...) et les scènes exubérantes de carnage.
       
       On pouffe, on glousse et on s’esclaffe. Du bon, du très bon pour le moral, Madame !

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