samedi 15 octobre 2016

Les Dolce, la route des magiciens, de Frédéric Petitjean

     Me voici de retour (... Enfin ! Résonnez trompettes, battez tambours, c'est le grand retour !!) avec le premier tome des Dolce, un roman jeunesse qui nous plonge dans l'univers des magiciens.



        Une famille de 5 magiciens tente de survivre, cachée à Brooklyn parmi les humains. Mais il est difficile de rester dans l'ombre quand Papy Dolce, qui accumule les millénaires et perd accessoirement la boule, clame dans les endroits publics ce qu'il a vécu au Moyen Âge ou sous Napoléon Bonaparte, quand le grand fils est un as de la guitare et du sprint - car tous les magiciens n'ont besoin que d'apprendre une seule fois pour tout maîtriser, et quand la petite dernière, une lolita qui fait 11 ans humains mais a en réalité 16 ans, est en pleine rébellion adolescente contre les lois ultraprotectrices des parents. On ajoute à tout cela la menace de la Guilde Noire qui est parvenue à exterminer la race des Magiciens et qui cherche activement les survivants, de bons amis, un peu trop curieux, un peu trop malins mais si maladroits et voilà un tome bien troussé et haletant !

       Et pourtant, chaque partie du livre ne représente qu'une journée, l'histoire s'étalant ainsi sur une modeste semaine. Mais quelle semaine ! 

        Chaque personnage de ce livre est un outil d'approche, d'accroche et de rebondissement. Nombre d'entre eux sont terriblement attachants, même quand ils perdent les pédales (ou peut-être PARCE QU'ils perdent les pédales), y compris ceux qui ont les motivations les plus noires. D'ailleurs, ce livre suit tour à tour la trajectoire de l'un d'entre eux, pour nous dévoiler peu à peu son univers, ses ambitions, ses désirs. Tant du côté des magiciens, dont les règles et les dons sont ébouriffants, que des humains. Ainsi, j'ai aimé le duo Papy-Petit-fils Dolce ou encore Philippe-Virginie, respectivement père adoptif féru d'histoire de la magie, et jeune femme adoptée sur le point de faire carrière dans le journalisme.

         Dans les personnages, il ne faut pas oublier Mona, la souris de six cent ans dont l'habitat se trouve dans les murs de la maison des Dolce et qui sert d'aide-mémoire au Papy, ou encore cette extraordinaire maison, qui demande un petit temps d'habituation avant d'être complètement appréhendée. Ses propriétés spatiales et sa transformation finale (Je n'en dis pas plus : vous verrez à la lecture...) m'ont semblé être clairement inspirés d'un passage d'Harry Potter dans lequel un certain bus Londonien s'étrécit ou s'élargit selon les aléas de la circulation...

        Cependant, il ne faudrait pas croire, à cause de ce clin d'œil à l'univers de J.K. Rowling que l'univers de ce livre emprunte généreusement à d'autres. Non, ou si peu, ou d'une manière tellement revisitée par Petitjean, qu'il m'a fallu un temps d'adaptation quand j'ai démarré ma lecture, pour bien entrer dans l'histoire. 

          Par ailleurs, cet univers est sous-tendu par un certain nombre de règles ou d'interrogations humanistes qui apportent beaucoup de richesse à l'ouvrage. Il est question de pollution, au sens climatique mais aussi sur le plan de l'assiette : celle qui consiste à tellement transformer les matières premières qu'il devient difficile de s'y retrouver, de construire et de créer.  Le corps humain et le cerveau, leurs interactions, leurs potentiels irréalisés, sont aussi au cœur de cette mythologie.

          J'ai été enchantée par ma lecture, éclairée et interrogée tout à la fois. Je me suis réjouie de fantasmes réalisés mais j'ai aussi constaté que chez les Dolce, ce n'est pas chez Dorothy. Attention ! On perd des plumes dans ce livre et on n'y est pas toujours préparé. Tout le monde y semble vraiment en danger et il y a des victimes pour lesquelles j'avais une véritable affection... D'ailleurs, le dernier rebondissement me donne fort envie de lire le tome 2 : cela sent l'élargissement d'intrigue, le remaniement des cartes, j'adoooore ça...

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