jeudi 4 août 2016

Ode à Betsy, reine des vampires



     Je viens de terminer le tome 5 des aventures de Queen Betsy, une saga qui a ses détracteurs. Et pourtant, moi, je l’aime beaucoup ! C’est même une de mes séries doudou, du genre de celles dont je reprends le cours quand je sens le coup de blues venir, que j’ai envie de me requinquer, de rire un peu…


   Je la trouve déjà particulièrement audacieuse, car elle mêle joyeusement bit-lit (la littérature mordante sur les vampires et autres créatures surnaturelles qui nous font frissonner de peur mais surtout de plaisir…) et la chick-lit - ce genre que j’ai découvert avec Sophie Kinsella et ses personnages féminins délicieusement superficiels et maladroits, au pur cœur de midinette. Ce mélange a le mérite de dénoncer toute la gravité associée aux créatures de la nuit, qui glacerait le plus bouillonnant des volcans. Ainsi, MaryJanice Davidson égratigne les vampires, leur look beaucoup trop étudié pour être honnête, leurs lois… martiales, leur hiérarchie… écrasante.


      Les défenseurs de la bit-lit pure et dure n’apprécieront pas cette saga, c’est certain. Car, les intrigues surnaturelles sont prises par-dessus la jolie gambette de Betsy. « Il y a un zombie dans le grenier. », je répète, « Il y a un zombie dans le grenier ». Dans ce tome 5, Cathy le fantôme tente tant bien que mal de prévenir Betsy du danger qui rôde dans sa maison. Le lecteur le voit comme le nez au milieu de la figure mais Betsy, elle, a d’autres chats… euh zombies à fouetter, …. euh griffer, arracher les membres, bref. Car voyez-vous, ce qui m’agace parfois dans la bit-lit pure et dure, c’est que souvent, une fois que l’héroïne est rentrée dans le monde fantastique, elle s’écarte inexorablement du monde réel, devient une marginale, voire une asociale, comme si les contraintes du quotidien ne pesaient plus sur ses épaules ou qu’elle les refusait en bloc. Les combats vampiriques, loups-garouiques (????), féériques and co., prennent inévitablement le dessus. Bah chez Betsy, non. Sans doute parce que Betsy est une égocentrique de première, qu’elle est très superficielle et qu’elle ne sait donc pas établir de priorité. Ainsi, foin de zombie !, Betsy a une fête d’anniversaire surprise (la sienne) à régenter, une affaire de vengeance à régler, une amie à … vampiriser ?, un mariage à préparer, etc. etc.


    J’adore ce personnage de Betsy car c’est elle qui permet d’éclater le genre très réglementé de la bit-lit. Les vampires doivent s’éloigner de leur famille, une fois transformés ? Betsy, elle, file chez sa mère, son père et sa belle-mère ! Les vampires doivent respecter la hiérarchie du vieux vampire qui se la pète ? Betsy le dégomme joyeusement ! Que c’est jouissif !

   Heureusement, Eric Sinclair, son mari vampire est là, suffisamment vampire pour que le lecteur se moque de son espèce beaucoup trop sérieuse, mais assez attachant pour qu’on aime le voir désirer Betsy, s’amuser de ses frasques et conserver un regard admiratif, voire complètement fanatique, sur sa belle.


      Les amis de Betsy et les interactions qu’ils ont avec elle sont également l’occasion de dialogues truculents ! Je me passerais bien des insultes que la reine des vampires leur lance à tout bout de champ mais j’aime les piques qu’ils s’échangent. Le rythme est enlevé, pétillant et léger. Je crois même pouvoir dire que l’essentiel du charme des livres de MaryJanice Davidson réside dans ses dialogues, par ailleurs très nombreux.


     Voilà donc pourquoi j’apprécie autant Betsy et pourquoi je porte aux nues son manque évident de construction rigoureuse. J’aime cette audace ! une audace dans le genre, dans la forme, une garde-robe faite sur mesure pour son personnage principal.


      Et voilà pourquoi je replongerai avec délice dans les aventures de la plus incohérente, la plus sans-gêne et la plus fraîche des reines des vampires !

2 commentaires:

Pandamis a dit…

Très bon article, c'est aussi une de mes séries chouchou. J'ai lu le tome 14 la semaine passée d'ailleurs.

Mira a dit…

Ne me raconte rien, surtout ! ... Enfin, si tu te souviens de tous les détails... ;)