vendredi 25 décembre 2015

Dragon de glace



Voici ma première contribution au Cold Winter Challenge !

  Bel objet que ce Dragon de glace de George R. R. Martin ! Bien que faisant l’objet d’une réédition (Ce conte a été auparavant publié en 1980 dans une anthologie initiée par Orson Scott Card et intitulée Dragons of Light), les éditions Flammarion ne se moquent pas de ses lecteurs. Ce livre bénéficie certes de la période de Noël et de l’engouement international pour Le Trône de Fer depuis que celui-ci a fait l’objet d’une adaptation en série télévisée, néanmoins, on nous offre là un ouvrage sobrement relié et doté d’une couverture souple en papier glacé dont le revers présente une magnifique illustration du Dragon de glace. Les pages de garde, quant à elles, proposent deux illustrations différentes en niveaux de blanc, de noir et de gris auxquels s’ajoute une touche de jaune. A la manière des anciens livres, qu’il était coûteux d’offrir à une communion, celui-ci comportent des enluminures, les premières phrases des chapitres des lettrines et les pages regorgent de dessins à l’encre bleue. La contribution de l’illustrateur de fantasy Luis Royo est une incontestable plus-value à cette réédition de qualité.



Quant au contenu même, le Dragon de glace peut tout à fait faire office de conte de Noël pour les fanatiques, ou non, du Trône de Fer.

Il est vrai que l’histoire se situe dans l’univers assez sombre de l’auteur.
Ainsi, le dragon de glace rappelle les dragons de Daenerys Targaryen et permet, tout comme ses confrères, d’insuffler à cette histoire un peu de fantasy. Car, dans le Trône de fer, excepté l’univers Moyenâgeux et la menace continuelle d’un hiver dont on soupçonne qu’il sera très particulier, on peut douter, du moins au début, d’avoir affaire au genre de la fantasy. Dans Dragon de glace, on pourrait dire que les choses sont plus claires. Les effets d’écho avec la saga et puis la présentation de l’héroïne, tout à fait singulière, place rapidement les choses.
Bien sûr, les allusions continuelles à l’hiver ne peuvent que faire penser au Trône de fer et je me suis demandé si, dans le conte, j’allais assister à l’installation de ce long hiver qui menace dans le Tome 1. En effet, dans ce court opus, l’hiver demeure une saison de l’année, même s’il a tendance à s’allonger au fur et à mesure. La deuxième hypothèse que je formulerais, à la fin de ma lecture, serait peut-être que cette histoire se situe dans les temps anciens du Trône de fer, du temps où le genre du conte aurait sa place, car les dragons existeraient bel et bien et leur existence ne serait pas mise en doute, comme elle l’est au début du Trône de fer.
Enfin, tout comme dans la saga, les guerres dominent : les seigneurs de différents territoires s’affrontent. La raison en est inconnue, mais est-elle nécessaire, sachant ce que l’on sait de la nature humaine ?

Mais un peu à la manière de Bilbo le hobbit à l’égard du Seigneur des Anneaux, Le Dragon de glace offre un univers et une histoire simplifiée, davantage accessible aux plus jeunes.

Car il s’agit bien là d’un conte, avec toutes ses caractéristiques de conte.
Comme beaucoup de héros de conte, Adara, l’héroïne, est une fillette, orpheline de mère. Elle est la fille d’un fermier pauvre et vit dans une chaumière. Il y a même dans son entourage une vieille dame, la vieille Laura.
A la manière du Petit Poucet, Adara a des frère et sœur, qui ne tiennent pas grand cas d’elle. Son père non plus d’ailleurs : tantôt il l’ignore, tantôt il sèche ses larmes de deuil sur les frêles épaules de la fillette.
Bien que celle-ci ait des airs de Blanche-neige - teint pâle et rapports privilégiés avec les petits animaux de la forêt, la petite fille a quelque chose d’assez obscur en elle. En effet, le narrateur nous explique que l’hiver s’est insinué en elle le jour de sa naissance. Cela l’isole du reste de sa famille, qui préfère l’été, alors que l’hiver lui est aussi naturel, à elle.
Cette histoire nous contera donc une sorte d’initiation par laquelle s’achèvera l’enfance d’Adara, commencera un véritable attachement pour cette famille dont elle se sentait exclue, tout en requérant néanmoins le sacrifice de ce qui constituait jusque-là l’identité de la petite héroïne.


Je recommande fortement l’acquisition et la lecture de ce livre qui m’a ravie le temps d’une soirée et qui agrémentera ma bibliothèque à l’avenir.

2 commentaires:

Nova Baby a dit…

J'ai un peu de mal à croire que Martin ait écrit quelque chose d'accessible à la jeunesse, je l'avoue. En tout cas, les illustrations ont l'air très belles, je me laisserais sûrement tenter.

Mira a dit…

Eh oui ! C'est étonnant, n'est-ce pas ? Mais après tout, Tolkien avait fait exactement la même chose avant Martin. Bilbo, que j'ai lu au collège, était un vrai conte ; il était d'ailleurs édité en version de poche pour enfants. (Il ne faut pas se fier à la version seigneurdesanneaux-esque (?!) qu'en a faite Peter Jackson !
Je t'en recommande la lecture ! Tu me diras ce que tu en as pensé ?
A bientôt !