mardi 12 juillet 2016

Anesthésie Générale, de Michel Vandam et Delphine Hermans

     J’ai reçu Anesthésie Générale de Michel Vandam et Delphine Hermans à l’occasion de la Masse critique de Babelio bds, mangas et comics.


    Alors, cela commence avec une famille toute simple, un père, une mère et deux garçons, qui se chamaillent pour savoir qui sera le plus fort. Malheureusement, « la fin du monde » arrive au chapitre 2 : Max, l’aîné, tombe malade. Leucémie.
     Tout est raconté du point de vue du père, qui nous fait découvrir l’hôpital et les rituels du traitement qui se mettent en place : chimios, ponctions lombaires, anesthésies générales. Il s’interroge : comment faire avec la maladie ? Comment continuer à faire famille quand le grand est à l’hôpital ? Il nous raconte l’alternance des gardes de chevet (maman tel soir, papa tel autre, mamie le jeudi...) et le couple qui ne se parle plus, ne se comprend plus, puis se délite et se déchire. On voit aussi comment la fratrie se construit en dépit de la maladie du grand. Le plus jeune se demande quelle est sa place désormais ; le grand s’inquiète de perdre sa force et de devenir plus faible que son petit frère. La vie de la famille devient un vrai chaos : plus le même quotidien, plus la même maison, plus la même femme..., puis elle retrouve peu à peu un rythme, même si la vie l’a rendu très différent.
     Ce qui peut rebuter, a priori, outre le sujet un peu tristoune mais réaliste, c’est le dessin, tout à fait à part. A première vue, on dirait des dessins d’enfants, quoiqu’on s’aperçoit de certaines subtilités qui appuient la narration. Peut-être ce style a-t-il été choisi pour évoquer avec simplicité cette vie de famille, rythmée par ce qui arrive à l’un de ses enfants ? On identifie chaque membre de la famille à sa propre couleur.
     J'avoue ne pas avoir été séduite par le dessin. J’ai des goûts assez académiques en ce qui concerne les bandes-dessinées. Toutefois, je reconnais que la technique devient intéressante quand l’illustrateur/trice ( ?) décide de faire perdre toute couleur au personnage qui est perdu ou qu’on a perdu. Je pense par exemple à la femme du père de famille, qui le quitte et qui perd ses couleurs au fur et à mesure qu’elle lui devient étrangère.
    Résultat ? Je ressors de cette lecture un peu triste. Pas de misérabilisme dans cette bande-dessinée mais juste la vie, comme elle est. Le ton est juste et la narration parvient tout à fait à saisir à la fois les préoccupations des grands et des petits. La vie d'un malade, et de ses proches, à l'hôpital est aussi très bien décrite. Et pourtant, que c’est triste de voir ce que la maladie peut changer dans la vie d’un enfant et du reste de sa famille !

      J’ai été touchée par cette lecture qui m’a laissée mélancolique, mais je n’ai pas forcément apprécié l’état dans lequel elle m’a mise. Ainsi, je peux dire que cette bande-dessinée accomplit son œuvre : narrer ce que la maladie d’un enfant entraîne dans la vie d’une famille. Les réserves que j’ai me viennent de mes goûts personnels en matière de dessin et d’une mauvaise disposition actuelle envers toute histoire qui invite à s’étendre sur les sujets tristes...

2 commentaires:

  1. Je suis contente de tomber sur une chronique de cette BD (je l'avais demandée à la Masse Critique, justement). Je n'ai pas eu l'occasion de la feuilleter, donc je ne saurais pas dire si les dessins me plaisent ou non, mais ton avis me donne en tout cas envie de la lire.

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  2. Ah tant mieux ! J'en suis bien contente !
    (Et merci pour ta visite ! ;) )

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